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Informations sur les contrats d'apprentissage et de professionnalisation - MEDEF Auvergne-Rhône-Alpes

Alternance : évolution des aides à l’apprentissage et recul des contrats de professionnalisation

L’actualité de l’alternance est marquée à la fois par une modification des aides à l’apprentissage et par un recul du nombre de contrats de professionnalisation. Deux informations récentes illustrent ces évolutions du système de formation en alternance.

Une révision des aides à l’embauche d’apprentis

Un décret publié au Journal officiel le 7 mars 2026 modifie les montants de l’aide accordée aux employeurs recrutant des apprentis. Ces nouvelles dispositions s’appliquent aux contrats conclus à partir du 8 mars 2026 et débutant avant le 1er janvier 2027.

Le texte maintient l’aide unique pour les entreprises de moins de 250 salariés qui recrutent un apprenti préparant un diplôme de niveau 3 ou 4. Dans ce cas, les montants restent identiques à ceux appliqués en 2025 : 5 000 euros pour les entreprises de moins de 250 salariés. Les entreprises de 250 salariés ou plus peuvent, quant à elles, bénéficier d’une aide de 2 000 euros dans le cadre du dispositif exceptionnel.

En revanche, les montants diminuent pour les formations de niveau supérieur. Pour les niveaux 5, l’aide est désormais fixée à 4 500 euros pour les entreprises de moins de 250 salariés et à 1 500 euros pour celles de 250 salariés ou plus. La baisse est encore plus marquée pour les niveaux 6 et 7, avec une aide de 2 000 euros pour les PME et de 750 euros pour les grandes entreprises.

Le dispositif distingue donc désormais davantage les montants en fonction du niveau de qualification préparé par l’apprenti, tout en conservant la modulation selon la taille de l’entreprise. Cette évolution s’inscrit dans la continuité des dispositifs mis en place depuis la réforme de l’apprentissage de 2018 et des aides exceptionnelles introduites pendant la période post-Covid.

Un recul des contrats de professionnalisation

Parallèlement, les données publiées par la Dares montrent une nouvelle baisse des contrats de professionnalisation. En 2025, 81 800 contrats ont été signés, soit une diminution de 5,4 % par rapport à l’année précédente. Ce recul intervient après une baisse déjà importante enregistrée entre 2023 et 2024, année au cours de laquelle le nombre de contrats avait chuté d’environ 25 %.

La diminution concerne surtout les jeunes de moins de 26 ans, pour lesquels le nombre de contrats recule de 10,6 %. Pour les personnes de 26 ans ou plus, la baisse est plus limitée, avec un repli de 1,4 %.

Au 31 décembre 2025, 64 100 contrats étaient encore en cours, ce qui représente une baisse de 7,9 % sur un an. Le profil des bénéficiaires évolue peu : les hommes restent majoritaires, avec 53 % des entrants. Toutefois, l’âge moyen augmente et atteint désormais 31 ans. Près de six bénéficiaires sur dix ont 26 ans ou plus.

Avant leur entrée en contrat, la majorité des bénéficiaires étaient en recherche d’emploi (58 %) ou inactifs (7 %). Les contrats sont majoritairement conclus sous forme de CDD ou de missions d’intérim, qui représentent environ les trois quarts des contrats signés. Le secteur tertiaire concentre près de 60 % des recrutements. Par ailleurs, environ 2 % des contrats concernent des travailleurs en situation de handicap.

Des évolutions qui interrogent l’avenir de l’alternance

Ces deux tendances témoignent d’un contexte de transformation pour l’alternance. D’un côté, l’État ajuste le niveau des aides à l’apprentissage, en particulier pour les formations de l’enseignement supérieur. De l’autre, le nombre de contrats de professionnalisation continue de diminuer.

Ces évolutions pourraient influencer les stratégies de recrutement des entreprises ainsi que l’orientation des publics vers les différents dispositifs d’alternance dans les années à venir.